Handicap International est une organisation non gouvernementale à vocation internationale qui aide à prévenir les handicaps, soigne les personnes handicapées et les accompagne dans leur parcours vers l’autonomie et l’insertion sociale. Suivez les expats de Handicap International sur le terrain.
Cambodge
Fin d’année au Cambodge

Je vous retrouve avec plaisir pour les dernières nouvelles de cette année, plaisir malgré ce climat international morose qui n’épargne pas les pays en développement comme le Cambodge. La situation ici est paradoxale. D’un côté, les effets d’une crise financière aigue telle que le monde en connaît depuis des semaines a peu d’impact : le secteur bancaire est balbutiant, l’immense majorité des Khmers n’ont évidemment jamais investi en Bourse, un concept à mille lieues de leur quotidien, ce qui leur épargne les soucis actuels de nombreux nantis. (Lire la suite…)
« Notre Village, notre voix »
« Notre village, notre voix » est l’un de nos nouveaux projets mis en œuvre dans deux districts situés à la frontière des provinces de Siem Reap et Banteay Meanchey, dans le nord ouest du pays. Une zone éloignée et peu fréquentée par les ONG, ce qui a précisément motivé notre choix.
Il s’agit de « réadaptation à base communautaire » (RBC). Vous avez sans doute déjà entendu ce terme un peu rébarbatif. Ce type de projet ambitionne de se baser sur le réseau des villages, des communautés, pour identifier les personnes handicapées, souvent peu visibles, et leur apporter aide, services et conseils. S’appuyant sur des réseaux de volontaires, aidés au départ par des ONG comme la nôtre, ces projets sont durables et peu coûteux, mais leur succès nécessite un travail patient et délicat, et la présence d’un staff très compétent.

Channy, un orthoprothésiste engagé
Les vacances d’été seront sans doute terminées au moment où ces nouvelles vous parviendront. Un « été » qui rime ici avec saison des pluies, et les traditionnels travaux dans les rizières.
Du côté des projets, nous avons signé en mai un important accord avec le Ministère des Affaires Sociales. Celui-ci traite de la reprise des centres d’appareillage par le ministère en 2011. Un plan s’étalant sur trois ans permettra de travailler main dans la main pour la réussite de cette importante opération. De façon générale, le programme vit aujourd’hui une phase de stabilisation après le lancement en début d’année de deux nouveaux projets. Un calme relatif qui me permet de me rendre plus facilement sur le terrain. En effet, si l’essentiel de mon travail se passe à Phnom Penh, je tâche de saisir les occasions afin de me rendre régulièrement sur les sites des projets afin de rencontrer nos staffs, les partenaires et bénéficiaires des projets. Les écouter m’apprend mille choses. Au-delà du sourire, omniprésent, ce sont des tranches de vie d’une grande intensité. J’ai choisi, en guise de témoignage, de vous relater l’une de ces rencontres.
En revenant de Siem Reap à la mi-juillet, j’ai voyagé en compagnie de l’un des orthoprothésistes du centre de Siem Reap. A 28 ans, Chek Channy est un excellent technicien. A peine rentré du Sri Lanka où il a donné des formations durant un an, il a épousé sa fiancée, orthoprothésiste comme lui. Un parcours sans faute, une belle histoire… et pourtant, à l’écouter, j’ai réalisé combien les années noires étaient proches, même pour des jeunes gens nés, comme Channy, après la chute du régime de Pol Pot.

Témoignage Mearn et le ‘kru khmer’

Si vous connaissez un peu le Cambodge, vous avez peut-être entendu parler du “Kru khmer”. Pour beaucoup de Cambodgiens, ce guérisseur traditionnel est la première personne qui sera consultée en cas de problème de santé, particulièrement à la campagne, là où vit 85% de la population.
C’est ce qui est arrivé à Mearn, un petit bout de 3 ans de passage dans notre centre de réadaptation en ce mois d’avril. Le petit garçon vit à Aragn, modeste village à 20 km de Siem Reap. Il y a 4 mois, Mearn a fait une mauvaise chute en jouant avec d’autres enfants du village et s’est fracturé la jambe droite. Ses parents ont bien essayé de le soigner eux-mêmes, mais ont bien réalisé, au bout d’un mois, que la douleur ne diminuait pas et qu’il fallait prendre d’autres mesures. Ce fut donc la visite au ‘kru khmer’, qui lui a badigeonné la jambe avec un remède à base de feuilles, avant de la bander.
Un mois encore, et les parents de Mearn ne peuvent que constater que la situation empire : douleur, infection. Ils prennent alors la décision qui avait été retardée faute de temps : consulter les médecins de l’hôpital Kunthea Bopha. Bien sûr, il faut se rendre à Siem Reap, ce n’est pas très loin mais la consultation et les soins dureront plusieurs jours, plusieurs semaines peut-être. Quand on survit, le travail de chaque jour compte.
Décision difficile donc, mais bonne décision. Le diagnostic est brutal : fracture, complications au genou, muscles déjà affaiblis. Heureusement, il n’est pas trop tard : le 23 février, l’enfant est opéré, il restera ensuite hospitalisé tout un mois. La jambe est sauvée, vient maintenant le temps de la réadaptation. Tout naturellement, Mearn est envoyé au centre de réadaptation physique, où il nous arrive début avril. Massages, exercices de stimulation : sous l’oeil attentif et avec l’aide de nos kinés, ravis d’accueillir ce tout jeune patient, Mearn réapprivoise sa jambe. Quelques semaines encore, nos techniciens lui placent une belle orthèse. La jambe est encore fragile, la fracture guette, l’orthèse sera nécessaire pendant plusieurs mois. Pas question de se reposer, il faut continuer à exercer cette jambe, avec des poids ou dans le parcours de marche. Un vrai programme de sportif. (Lire la suite…)
L’insertion des personnes en situation de handicap

Tous les indicateurs le montrent : l’économie cambodgienne se porte bien. Une croissance annuelle tournant autour de 10 %, le développement du tourisme, la découverte de pétrole au large des côtes : tout cela ouvre de belles perspectives. Et pourtant, comme cela arrive souvent, seule une frange limitée de la population bénéficie de ces progrès. Il suffit pour s’en convaincre de consulter d’autres chiffres. Citons-en deux: un tiers de la population vit sous le ‘seuil de pauvreté’ (moins d’un dollar par jour), et près de 5 femmes sur 1000 meurent en couches, une proportion inchangée depuis 6 ans. (Lire la suite…)
Le Tribunal des Khmers Rouges

Ici, les deux grands sujets d’actualité et de discussion sont liés à la vie politique du pays.
L’un - sans surprise - est le désormais célèbre « Tribunal des Khmers Rouges ». Pas un jour sans que les journaux ne relatent les péripéties du procès de cinq des principaux dirigeants du régime de Pol Pot, tenus pour responsables de la mort, dans des conditions souvent atroces, d’un nombre incalculable de leurs compatriotes. Si les avancées sont lentes, et si rien ne permet d’espérer des jugements avant un ou deux ans, l’existence même de ces « Chambres Exceptionnelles » a en tout cas atteint un premier but : faire parler d’un passé trop souvent occulté et donner la parole aux victimes. (Lire la suite…)
Teng Bunthoeun, un gamin comme les autres…

Bunthoeun a 6 ans, il vit au village de Koh Kosal, dans la province de Takeo, au sud de Phnom Penh. Bunthoeun, l’ainé de trois frères, souffre d’un handicap depuis l’âge de trois ans. C’est en tout cas ce que nous a expliqué sa maman: suite à une forte fièvre, il est resté inconscient pendant sept jours. Il a eu la chance de pouvoir être traité à Kuntha Bopha, un bon hôpital pédiatrique de Phnom Penh, pendant un mois. l’enfant a survécu, mais quelque chose en lui s’est brisé : il ne pouvait plus bouger les jambes, ni même pleurer… (Lire la suite…)
Engins de guerre non explosés: un commerce à remettre

Dans mon post précedent, je vous faisais part, comme presque chaque fois, de l’avancement du « Tribunal Khmer Rouge », ou plutôt du manque de progrès : manoeuvres dilatoires, discussions sur des points secondaires…
Je vous ai peut-être paru désabusé, et je l’étais.
Mais les avancées de ces dernières semaines me donnent heureusement tort : enfin, il a démarré. Mi-juillet, les procureurs ont annoncé avoir posé leur premier acte de procédure, en demandant officiellement la poursuite de cinq personnes suspectes de crimes contre l’humanité et de génocide.
Dans ce contexte, la création d’un nouveau parti, le Parti des Droits Humains, au même moment, apparaît comme un signe supplémentaire de la volonté des Cambodgiens de tourner la page. Dans un tout autre registre, les mois écoulés ont aussi été marqués par la plus grave épidémie de dengue (une affection qui peut dégénérer en fièvre hémorragique et se révéler mortelle) que le pays ait connu. Des milliers de personnes ont été touchées, des centaines d’enfants en sont morts : un indicateur désolant de la fragilité du système de santé du pays. (Lire la suite…)


